Vendredi 3 décembre 2010
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Hier, il neigeait ************* mais on a encore du soleil dans nos coeurs : photos prises par Chloé Decarnin-Fontan !
C'est donc plus de quatre mois après notre retour en France et à Paris que nous nous décidons à reprendre le fil de notre blog et de notre voyage interrompu "brutalement" le 20 juillet
dernier ; le mot n'est pas trop fort : arrivésà Orly un peu désorientés, on aimerait bien que quelqu'un ait la bonne idée de venir nous chercher, même si nous débarquons en semaine ; et
bien c'est Stéphane, le frère de Fabienne qui est là à nous réceptionner et ça fait chaud au coeur ! Et puis c'était déjà lui qui nous avait accompagné le jour de notre départ sous la neige, le 4
janvier 2010 ***
Nous décidons de ne pas réintégrer de suite notre appartement parisien qui ne nous manque pas vraiment et d'aller faire une visite surprise à Marie-Maximilienne Kiss, la mère de Fabienne
qui a hâte de l'embrasser. Sur la bretelle d'autoroute, notre portable sonne : un appel des ressources humaines de la Poste du Louvre, mais qui vont s'avérer pas du tout "humaines" car c'est pour
annoncer à Michel qu'il a un problème de réintégration à son bureau le lundi suivant, jour de reprise ; en fait, il n'est pas attendu ; malgré l'assurance de son Directeur d'établissement de
retrouver son poste à son retour, on lui annonce bel et bien qu'il est sans boulot et sans salaire pendant deux à trois mois, le temps qu'un nouveau poste de facteur se libère ...
Et c'est Michel qui parle : "après un moment d'abattement, je cherche conseil auprès de certains de mes collègues et je contacte les syndicats pour voir ce que je peux faire. Le
lundi, comme prévu, je vais au bureau pour mettre au courant le service avec qui je travaille de ma situation : pétitions, assemblées générales et délégation à la Direction de Paris Nord et on me
propose une affectation à Gonesse dans le Val d'Oise ... je refuse deux postes "humiliants" en banlieue qui s'apparentent à une sanction et finit par accepter un poste fixe dans le 17ème
arrondissement (là où se trouve la Direction de Paris Nord qui nous avait vus débarquer en délégation pour exprimer ma révolte et celles de mes collègues face à ma situation rocambolesque. Tout
ceci a duré 15 jours ; la Direction s'est ridiculisée et nous avons vu à quel point un salarié avec plus de trente ans d'ancienneté pouvait être traité ; et surtout on m'a bien spécifié que la
Poste était désormais une société anonyme privatisée... oui, l'argent et le bien-être des futurs actionnaires seront sa priorité comme dans beaucoup d'entreprises... mais restons positifs :
derrière tout cela, il y a eu beaucoup de solidarité : la représentante de la CGT s'est montrée très disponible et m'a beaucoup aidé ainsi que tous mes collègues qui se sont mobilisés à leurs
risques et périls !".
Mais revenons au voyage : c'était la liberté, les découvertes de paysages, les rencontres, plus d'horaires ni d'obligations ; les seuls soucis étaient de trouver à manger et des endroits pour
dormir. Comme disait Manu rencontré au Nord du Cambodge et qui pétillait d'humour : "ils ne se rendent pas compte, ce n'est pas tous les jours facile ..." Manu faisait partie de ces Français que
nous avons croisés sur notre route, français de tous âges, en famille, comme lui, et de surcroît en voyage pour plusieurs années, par choix le plus souvent ou par nécessité comme tous ces jeunes
à qui on ne fait pas confiance en France et qui préfèrent voyager et tenter une vie professionnelle, souvent en Australie ou au Canada. Et puis nous avons rencontré beaucoup de seniors qui ayant
de petites retraites trouvent en Asie une vie moins chère et la chaleur de l'atmosphère et des populations. Beaucoup de femmes seules aussi sillonnent ce continent qui est plutôt assez sûr.
Nous avons aimé contempler des levers et des couchers de soleil, nager de tout notre saoûl dans des mers plus ou moins agitées, plus ou moins claires ; nous avons vu les quelques derniers
spécimens de dauphins de l'Irrawady qui vivent dans le Mékong ; nous avons nagé avec les dauphins de l'Ile Maurice ; nous avons supporté la chaleur, la moiteur mais nous pouvions nous
gorger de fruits délicieux à profusion ; nous avons marché en tongues pendant les six mois et demi, discuter pendant des heures devant nos modestes logements (souvent une chambre avec
ventilo et moustiquaire toute juste propre) ou sur la plage sous une voute d'étoiles magnifiques, buvant bières ou alcools de riz, mangeant toutes sortes de poissons, et parfois nous nous sommes
offerts un hôtel plus luxueux avec piscine et repas plus élaboré pour reprendre notre souffle ... et nous sommes repartis avec nos sac à dos pas si légers que ça, avons pris des bus qui
roulaient à vive allure secouant leur carcasse de ferraille et sommes montés dans des trains bondés, assis sur des banquettes minuscules ou sur les porte-bagages ... Et puis nous n'oublierons
jamais notre accueil fantastique dans la communauté tibétaine à Mundgod en Inde, où nous avons eu l'émotion de voir une de nos deux filleules tibétaines ... et notre séjour si reposant chez nos
amis Ehlinger à Kuala Lumpur ...
Notre voyage coupé de nos racines nous a semblé trop court ... ; heureusement, à notre retour, il y eut le plaisir de retrouver nos familles et nos amis, recourir avec Anne-Claude (qui nous
avait rejoint au Laos) et avec Françoise et Bernardo ... retrouver nos petits plaisirs quotidiens : faire du sport, nous promener, aller à des expos, aller chercher notre panier bio,
discuter avec notre voisinage, avec Pierre Duro ... faire des projets ... Et puis nos amis Guy et Josiane nous ont réservé une belle surprise : alors que nous pensions être invités juste tous les
deux , nous nous sommes retrouvés à un dîner surprise chez eux avec toute l'équipe Mouvance de l'aquanage avec qui nous avions partagée de superbes moments à l'Ile Maurice ... encore merci pour
ce bon moment !
Heureusement, le repos et la force emmagasinée nous ont aidé tous deux à affronter la dure réalité sociale et professionnelle de notre monde d'aujourd'hui, face à la mondialisation et aux
forces économiques et boursières qui régissent beaucoup de vies. Même Fabienne qui se croyait à l'abri dans l'organisme international d'agronomie où elle travaille depuis plus de vingt-cinq ans
s'est entendu dire qu'on ne s'était même pas aperçu de son absence ... ça fait plaisir surtout quand pendant toutes ces années elle s'est toujours efforcée de donner de son
mieux et surtout de respecter les autres ! Et puis, nous sommes descendus dans la rue pour exprimer notre ras-le-bol de cette vie démente régie par le toujours plus consommer, travailler
plus longtemps alors que l'on ne veut plus des seniors ... dans quel but : faire que les gens craignent pour leur avenir, mettre de l'argent de côté par le biais des assurances privées
... en gommant les notions de solidarité, d'échange, de partages ! "L'argent n'est pas quelque chose que l'on devrait accumuler, mais que l'on devrait utiliser ... et puis
"dans la philosophie hindouiste, on considère que gagner de l'argent est un objectif valable, et cela correspond à l'une des phases de l'existence. Il faut juste éviter de s'y enliser, et
savoir ensuite évoluer vers autre chose pour réussir sa vie" (extrait tiré du best-seller de Laurent Gounelle "L'homme qui voulait être heureux").
Mais pour rien au monde, nous ne regrettons cette belle parenthèse de vie que nous avons faite ! Elle nous a apporté énormément de choses, ne serait-ce que le bonheur d'être vraiment
nous-mêmes. Nous sommes totalement en accord avec cette autre pensée de l'écrivain, Laurent Gounelle ... et nous aimerions que beaucoup puissent l'être aussi :
"UNE VIE REUSSIE EST UNE VIE QUE L'ON A MENE CONFORMEMENT A SES SOUHAITS, EN AGISSANT TOUJOURS EN ACCORD AVEC SES VALEURS, EN DONNANT LE MEILLEUR DE SOI-MEME DANS CE QUE L'ON FAIT, EN
RESTANT EN HARMONIE AVEC QUI L'ON EST, ET, SI POSSIBLE, UNE VIE QUI NOUS A DONNE L'OCCASION DE NOUS DEPASSER, DE NOUS CONSACRER A AUTRE CHOSE QU'A NOUS-MEMES ET D'APPORTER QUELQUE CHOSE A
L'HUMANITE, MEME TRES HUMBLEMENT, MEME SI C'EST INFIME. UNE PETITE PLUME D'OISEAU CONFIEE AU VENT. UN SOURIRE POUR LES AUTRES !